Une brève histoire de l’accordéon

Une brève histoire de l’accordéon

Instrument populaire par excellence, l’accordéon est aujourd’hui encore bien méconnu. En France par exemple, la croyance générale veut qu’il soit un instrument typiquement français. Il faut dire que le musette est très ancré dans nos traditions, mais tout comme l’est le forro en Amérique du Sud ou la musique balkanique en Europe de l’Est. Le point commun entre ces différents styles ? L’accordéon occupe une place importante au sein de toutes ces musiques !

Alors, qu’en est-il ? D’où vient l’accordéon, et qui a bien pu l’inventer ?

Une autre question qui revient très souvent à la fin des concerts : mais comment l’accordéon fonctionne t’il ? En effet, un spectateur lambda voit simplement des rangées de boutons à n’en plus finir, que l’accordéoniste fait défiler sous ses doigts pour produire de la musique… Je réponds à cette question dans l’article « Comment ça marche un accordéon ?« .

Nous allons essayer dans cet article de répondre à ces questions, du moins en partie ; et même si ça ne changera sûrement pas votre vie, vous pourrez briller au repas de famille devant vos grands parents !

Les prémices de l’histoire

L’accordéon est un instrument à anche libre, c’est à dire un instrument à vent utilisant une (ou des) anche(s) se déplaçant librement ; nous reviendrons plus en détails sur le fonctionnement de l’accordéon dans un prochain article. Les premiers instruments à anche libre apparaissent très tôt, et on parle notamment du sheng, instrument chinois daté de 2000 av. J.-C. comme de l’un des ancêtres de l’accordéon. Il convient ici d’émettre de nuancer, car le fonctionnement de cet orgue à bouche chinois serait d’après de récentes recherches très différent de celui d’un accordéon.

En réalité, c’est en 1829 qu’on trouve pour la première fois le terme accordéon, ou plutôt « accordion« , qui reste encore aujourd’hui le nom anglais. L’invention est attribuée à Cyrill Demian, un facteur de piano et orgues à Vienne, en Autriche. À l’époque, le tout premier accordéon n’a que 5 touches, qui produisent des sons différents suivant que l’on tire ou pousse. La main gauche, elle, ne joue pas mais est simplement dédié à la gestion du soufflet.

À la même époque un anglais, Charles Wheatstone, invente un instrument similaire (qui existe encore aujourd’hui) : le concertina. À la différence de l’accordéon, les boutons sont cette fois perpendiculaires au soufflet. Il donnera plus tard naissance au bandonéon, popularisé notamment par Astor Piazzolla.

Un concertina

Les origines de l’accordéon moderne

En 1841, Louis Léon Douce dépose un brevet pour un « accordéon harmonieux » ; avec ce dernier, un bouton permet désormais de jouer la même note en tirant ou en poussant, le désignant comme le réel ancêtre de nos accordéons chromatiques.

Le premier accordéon à clavier piano apparaît lui en 1852, conçu par Philippe-Joseph Bouton ; il connaîtra une forte popularité entre les années 1900 et 1930, aux États-Unis.

Accordéon avec clavier piano

La production d’accordéons commencent réellement en 1863, avec la création de la première industrie du « fisarmonica » (accordéon, en italien) par Paolo Soprani, en Italie à Castelfidardo (encore aujourd’hui haut lieu de l’accordéon).

Les accordéons tels qu’on les utilisent encore aujourd’hui apparaissent à la fin du XIXe siècle, à force d’évolutions techniques ; aujourd’hui encore, l’accordéon continue à se moderniser et se développer de manière très active.

Accordéon et culture

L’accordéon connaît son heure de gloire dans la culture française, avec l’apogée du « musette » ; dans le Paris des années 1900 à 1950, il est l’instrument roi. La musette trouve en réalité son origine dans un instrument de musique traditionnel, notamment utilisé en Auvergne ; à la fin du XIXe siècle, bon nombre d’auvergnats montent à la capitale et croisent des immigrés italiens, qui eux ramènent l’accordéon dans leurs valises. Les premiers bals se créent, et petit à petit le « style » musette se définit, jusqu’à atteindre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui à la fin de la Première Guerre Mondiale. C’est là en effet qu’on voit apparaître de nouvelles danses, encore d’actualité : la valse musette, le foxtrot, la java, le pasodoble…

À partir des années 30, certains accordéonistes dérivent du musette en y ajoutant une touche de swing, s’inspirant notamment de Django Reinardht ; l’accordéon s’invite alors (entre autres) dans le jazz manouche, avec des ambassadeurs comme Gus Viseur ou Jo Privat.

Jo Privat

On retrouve également des traces d’accordéon dans la musique classique dès 1836 ; il faudra toutefois attendre le 20e cycle pour que des pièces entières soient écrites pour l’instrument.

Le piano à bretelles se développe enfin dans les musiques traditionnelles, notamment en Écosse ou en Irlande (jigues, mazurkas, …) et en Europe de l’Est (musique balkanique, klezmer, …).

L’accordéon aujourd’hui

Aujourd’hui, l’accordéon est un instrument complet et varié, capable de jouer tout style de musique. On le retrouve aussi bien en tant qu’accompagnateur dans la chanson, qu’en tant que soliste dans le jazz. Des accordéonistes comme Richard Galliano ont aidé à le populariser dans ce milieu, tandis que de plus jeunes musiciens comme Vincent Peirani l’amènent aujourd’hui dans des univers encore jamais explorés.

En guise de conclusion, une petite chanson car on n’a pas fini d’entendre parler du vieux léon..

Sources

Laisser un commentaire

Pour tout renseignement :
Jérémy DUTHEIL - Accordéoniste à Paris
dutheil.jeremy@gmail.com - 06.85.38.22.16


Mentions légales - Groupe de jazz manouche pour votre mariage - Accordéoniste pour votre soirée - Toutes les animations musicales
-
Jérémy fait confiance à Monsieur Accordéon pour l'entretien de ses accordéons.