Comment ça marche un accordéon ?

Comment ça marche un accordéon ?

À la fin de mes concerts, la même scène de produit fréquemment : vous êtes nombreux à venir me voir, et me demander des informations sur l’accordéon.

Je n’y comprend rien, il y a des boutons partout.. Combien y en t’il d’ailleurs, des boutons ? Comment ça marche un accordéon ?

Un spectateur lambda

Dans cet article, je vais tenter de répondre à un maximum des questions que vous vous posez, en espérant ne pas faire trop compliqué. L’accordéon est un instrument magnifique, et très intéressant à comprendre.

De l’extérieur…

2 mains reliées par un soufflet

Un accordéon se décompose en 3 blocs distincts : tout d’abord la main droite, opposée à la main gauche. Les positions sont toujours exprimées par rapport à l’accordéoniste, en tant que public vous verrez donc la main droite… à gauche ! Sur chacun de ces blocs main droite / main gauche sont disposés des boutons qui permettent à l’accordéoniste de jouer des notes.

À la main droite, chaque bouton joue une note tandis que les boutons main gauche permettent (pour la plupart) de jouer plusieurs notes, ou accords. On désigne généralement la main droite comme la partie mélodique, et la main gauche comme la partie de l’accompagnement ; les rôles sont similaires à ceux exercés par les mains des pianistes.

Entre ces deux blocs, on retrouve le soufflet ; il est à l’accordéon ce que les poumons sont au corps humain. L’accordéoniste, par un mouvement latéral de « tirer / pousser », actionne une colonne d’air interne qui va permettre la production du son.

On repère bien ici les différents éléments : main droite (à gauche), main gauche (à droite) et soufflet légèrement ouvert.

Organisation des boutons

Main droite

À la main droite, l’accordéon peut regrouper de 3 à 5 rangées de boutons (6 dans les cas les plus rares) ; seules les 3 premières rangées sont uniques. Les rangées supplémentaires viennent répéter les premières, afin de faciliter certains enchaînements de notes pour l’accordéoniste. En l’occurence, la 4e rangée est en réalité la même que la 1ère, et la 5e la même que la 2nde.

Les notes augmentent d’un demi ton par diagonale (Do, Do#, Ré) ; arrivée à la 3e rangée, on « revient à la ligne » vers la 1ère rangée et le schéma recommence (Ré#, Mi, Fa). Bien entendu, plusieurs notes peuvent être appuyées en même temps afin de produire des accords.

Schéma de l’organisation main droite d’un accordéon

Main gauche

L’organisation de la main gauche est sensiblement plus compliqué ; en effet, sur la plupart des accordéons (qu’on appelle basses standards), le clavier est à nouveau divisé en 2 parties. Une partie du clavier produit des basses (donc des notes « seules »), et l’autre partie produit des accords pré-fabriqués (3 notes à la fois). Suivant les accordéons, il existe deux schémas possibles : 3 rangées de basses et 3 rangées d’accords (3+3), ou 2 rangées de basses et 4 rangées d’accords (2+4). Dans le second cas, on accédera donc de base aux accords diminués, qui ne sont pas présent dans le cadre d’un 3+3 (qui ne convient que les accords majeurs, mineurs, septième).

Les basses évoluent de haut en bas du clavier en quartes (et donc, en quintes de bas en haut) ; par ailleurs, la basse complémentaire disposée sur la rangée précédente, correspond à la tierce. Un fonctionnement naturel qui permet de facilement jouer les cadences classiques (ii V I, …).

Illustration d’un clavier main gauche

…vers l’intérieur

L’anche : organe de production du son

Une anche est une lamelle qui vibre pour produire le son, et qu’on retrouve dans certains instruments à vent ; l’exemple le plus commun est la anche du saxophone, qui est reliée directement à la bouche de l’instrumentiste.

Contrairement à leurs cousines présentes dans le saxophone ou la clarinette, les anches de l’accordéon sont dites libres ; à partir d’une position initiale de repos à laquelle elles sont fixées, elles peuvent se déplacer librement de part et d’autre. L’instrument qui illustre le plus facilement ce système est la guimbarde.

Système de anche libre

La plaquette : support des anches

Dans l’accordéon, les anches sont montées deux par deux sur une plaquette, aussi couramment appelée lame ; chacune est montée d’un côté de la plaquette, et ne fonctionnera que dans un seul sens. Ainsi, que l’on tire ou pousse le soufflet, on obtiendra la même note.

Une peau (en cuir ou matériau souple) vient recouvrir chaque anche, afin d’empêcher la perte d’air entre l’anche au repos et la plaquette ; le son est produit par la circulation de l’air et la mise en action d’une anche spécifique.

Une lame d’accordéon

Suivant la qualité de fabrication de l’accordéon, on trouvera différents types d’anches et de lames ; on distingue 3 types d’anches :

  • Anches machines : entrée de gamme, fabriquées industriellement par des machines
  • Anches typo a mano : montées et réglées main, milieu de gamme
  • Anches a mano : entièrement découpées et posées à la main, le très haut de gamme !

On distingue également différents types de plaquettes, suivant leur matière :

Aluminium : entrée de gamme, moins bonne transmission du son
Duralumin / avional : musique de qualité supérieure, présente sur les instruments professionnels.

Le sommier : support des plaquettes

Les plaquettes (ou chassis) sont finalement montées sur des sommiers, fabriqués en bois. Chaque sommier possède deux entrées d’air et peut recevoir deux séries de plaquettes, une de chaque côté. Généralement chaque côté du sommier correspond à une rangée de boutons (pour la main droite).

Les sommiers sont ensuite assemblés à l’intérieur de l’accordéon, dans chaque bloc (main droite / main gauche).

Un sommier d’accordéon

Aspects mécaniques

Côté mécanique, l’appui d’un bouton actionne un bras métallique qui va déclencher l’ouverture d’une soupape ; grâce au mouvement simultané du soufflet, l’air peut alors passer à l’intérieur de l’accordéon par cette soupape. La anche associée va alors être mise en action, et produire le son.

Il faut noter qu’un accordéon n’a pas un son unique ; la plupart possède plusieurs voies, correspondant à des musiques différentes à l’intérieur. Ces voies peuvent être jouées séparément, ou combinées grâce à l’utilisation de registres par l’accordéonistes. On aura donc parfois plusieurs anches qui joueront simultanément pour un seul bouton appuyé, afin de produire des sons spécifiques.

Mécanique du bloc main droite d’un accordéon

Pour finir

Il y aurait encore bien des choses à dire sur l’accordéon, tant c’est un instrument complexe et fascinant ; vous avez néanmoins les bases pour mieux comprendre son fonctionnement. N’hésitez pas à commenter si vous avez d’autres questions !

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Pour tout renseignement :
Jérémy DUTHEIL - Accordéoniste à Paris
dutheil.jeremy@gmail.com - 06.85.38.22.16


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